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Vous êtes coincé·e entre vos enfants et vos parents ? Vous faites peut-être partie de la génération sandwich.

  • Photo du rédacteur: Sylvie Bertrand-Giroux T.S.
    Sylvie Bertrand-Giroux T.S.
  • 3 mars
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours


Publié par Sylvie Bertrand-Giroux, T.S. | Travailleuse sociale à St-Bruno et à Longueuil




Le 3 mars 2026, un reportage de Radio-Canada mettait des mots sur quelque chose que beaucoup de personnes vivent en silence : être pris en sandwich entre ses enfants et ses parents vieillissants — avec, au milieu, un emploi, un couple, et une vie personnelle qui rétrécit à vue d'œil.


Ce que décrivait le reportage, je le reconnais dans les situations que les gens me partagent en consultation. Cette réalité a un nom : la génération sandwich. Et elle mérite qu'on en parle franchement.


C'est quoi, au juste, la génération sandwich ?


L'expression décrit les personnes — souvent entre 40 et 55 ans — qui assument simultanément des responsabilités envers leurs enfants (encore à la maison ou en début d'âge adulte) et envers un ou des parents âgés ou en perte d'autonomie.


Pris entre deux tranches de pain, comme le dit l'image. Sauf que dans la vraie vie, on est aussi travailleur ou travailleuse, conjoint·e, ami·e… et quelque part tout au bout de la liste, soi-même.


Selon Statistique Canada, en 2022, environ 6 % des Canadiens déclaraient être des aidants pris en sandwich — soit près de 2 millions de personnes. Ce sont principalement les 45-54 ans qui se retrouvent dans cette position, souvent encore engagés dans leurs rôles parentaux à la maison, tout en devant gérer la perte d'autonomie d'un ou plusieurs parents.


Et le phénomène est appelé à s'amplifier. Les gens vivent plus longtemps, parfois plus malades. Les familles sont plus petites. Le réseau public de soins est sous pression. La charge retombe souvent sur une seule personne — et cette personne, c'est souvent vous.


Ce que ça ressemble de l'intérieur


Ce n'est pas toujours spectaculaire au début. Ça commence par une visite de plus chez les parents. Puis par des appels téléphoniques pour démêler des rendez-vous médicaux. Puis par la gestion d'un déménagement en résidence. Puis par l'inquiétude constante de recevoir un coup de fil annonçant quelque chose de grave.


Comme le témoigne un proche aidant dans le reportage de Radio-Canada : « Cette pression-là, ce souci-là, il est constant. »


Entre-temps, vos enfants ont encore besoin de vous. Votre employeur aussi. Votre conjoint·e espère vous retrouver quelque part là-dedans. Et vous, vous vous demandez quand vous avez dormi une nuit complète sans penser à tout ça.


Ce qui caractérise cette situation, c'est souvent :

  • Une surcharge de rôles (parent, enfant aidant, travailleur·euse, conjoint·e)

  • Une charge mentale invisible qui ne s'arrête jamais vraiment

  • Un sentiment de culpabilité d'un côté comme de l'autre — « je ne suis jamais assez présent·e »

  • Une tendance à s'effacer soi-même pour répondre aux besoins des autres

  • Un isolement progressif, faute de temps et d'énergie pour entretenir ses propres relations


Les proches aidants peuvent en venir à vivre ce que la littérature spécialisée appelle la

« fatigue de compassion » — une forme d'épuisement profond documentée chez ceux qui s'investissent intensément auprès d'un proche sur une longue période.


Ce n'est pas une faiblesse. C'est une conséquence prévisible d'une situation qui dure, sans relâche, sans filet.




Pourquoi c'est difficile d'en parler — et d'aller chercher de l'aide


Plusieurs raisons font qu'on tarde à nommer ce qu'on vit et à demander du soutien.


D'abord, parce qu'on ne se reconnaît pas comme « proche aidant ». Le glissement vers ce rôle est souvent progressif et insidieux. On aide, parce que c'est normal d'aider ses parents. Puis on aide un peu plus. Et encore un peu plus. Sans jamais avoir décidé consciemment d'endosser ce rôle.


Ensuite, parce que la culpabilité est partout. On se sent coupable de ne pas en faire assez pour ses parents. Coupable d'être moins disponible pour ses enfants. Coupable de vouloir du temps pour soi. Comme le résume bien un proche aidant : « Tu veux être un bon père, un bon employé, tu veux être un bon fils, mais il faut s'occuper de soi aussi — parce que si moi je tombe malade, qui va occuper tous ces rôles-là ? »


Et parce qu'on pense qu'il faut « gérer ça tout seul ». Notre culture valorise l'autonomie et la résilience. Demander de l'aide peut être perçu — à tort — comme un aveu d'échec ou une faiblesse.




Comment un·e travailleur·se social·e peut vous accompagner


Je tiens à être claire sur ce que je fais — et ce que je ne fais pas — parce que ça compte.


En tant que travailleuse sociale membre de l'OTSTCFQ, mon rôle est d'évaluer votre fonctionnement social et d'intervenir sur les conditions de vie et les facteurs environnementaux qui affectent votre bien-être. Je n'effectue pas de psychothérapie et je ne pose pas de diagnostic de trouble mental.


Ce que je peux faire concrètement avec vous dans une situation de génération sandwich, c'est :


Évaluer votre situation globalement. Quels sont vos rôles actuels ? Quelles sont vos ressources — personnelles, familiales, communautaires ? Où se situent les surcharges ? Où sont les manques ? Cette évaluation du fonctionnement social est le point de départ de tout accompagnement sérieux.


Vous aider à démêler vos rôles et à poser des limites réalistes. Ce n'est pas de la psychologie — c'est du travail concret sur votre réalité quotidienne, vos responsabilités, vos capacités réelles et vos besoins légitimes.


Vous accompagner dans l'accès aux ressources. Vous ne savez pas quelles aides existent pour votre parent ? Quels services sont disponibles dans votre région ? Quelles démarches faire auprès du CLSC, d'un centre de jour, d'un service de répit ? C'est exactement mon terrain.


Travailler sur votre organisation des rôles familiaux. Comment répartir la charge dans la fratrie ? Comment avoir une conversation difficile avec votre parent qui refuse de l'aide ? Comment intégrer vos besoins dans une équation qui semble déjà pleine ? Ce sont des questions sociales et familiales concrètes, et elles méritent un espace pour être travaillées.


Vous soutenir dans la durée. L'épuisement du proche aidant ne se règle pas en une rencontre. Un accompagnement régulier permet de faire le point, d'ajuster, et de ne pas rester seul·e face à une situation qui évolue.


Ce que je ne peux pas faire — et à qui je vous réfèrerai


Si votre situation révèle des symptômes persistants qui nécessitent une évaluation psychologique approfondie ou un traitement de trouble mental, je vous orienterai vers un psychologue ou votre médecin. Les deux types d'accompagnement peuvent d'ailleurs se compléter très bien.


Mon rôle inclut aussi de vous dire si je ne suis pas la ressource la plus appropriée pour vous — et de vous aider à trouver celle qui l'est.


Un mot avant de terminer


Si vous vous êtes reconnu·e dans cet article — même partiellement — sachez que ce que vous vivez est réel, que ce n'est pas une question de volonté, et que vous n'avez pas à attendre d'être à bout pour chercher du soutien.


L'organisme Appui pour les proches aidants le dit clairement : ce qu'on remarque souvent, c'est que les proches aidants vont s'épuiser et tomber malades. La prévention, c'est agir avant d'en arriver là.


Vous pouvez me contacter pour un premier échange téléphonique gratuit d'environ 15 minutes. On discute brièvement de votre situation, de vos besoins, et je vous dis si je peux vous aider — et comment.




Sylvie Bertrand-Giroux, T.S.

Travailleuse sociale | Membre de l'OTSTCFQ depuis 2012

St-Bruno-de-Montarville et Longueuil | Téléconsultation disponible

450-350-0332





Sources et ressources


Reportage à l'origine de cet article


Données statistiques


Cadre professionnel et légal


Ressources pour les proches aidants

Note déontologique : Cet article a pour objectif d'informer et de sensibiliser. Il ne constitue pas une évaluation professionnelle ni une recommandation personnalisée. Si vous vivez une détresse importante, consultez un professionnel de la santé ou composez le 811 (Info-Social). Des pensées suicidaires ou une crise aiguë → 1 866 APPELLE (24/7), 911 ou hôpital.

 
 
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