Et si ce que vous ne dites pas était en train de fragiliser votre relation ?
- Sylvie Bertrand-Giroux T.S.

- 29 mars
- 5 min de lecture
Publié par Sylvie Bertrand-Giroux, T.S. | Travailleuse sociale à St-Bruno et à Longueuil
Vous vous sentez proche de l'autre, et en même temps, quelque chose accroche. Les mots ne sortent pas tout à fait. Ou ils sortent de travers — trop fort, trop tard, pas vraiment ce que vous vouliez dire.
Ce n'est pas toujours un gros conflit qui fragilise une relation. C'est souvent quelque chose de plus discret : des besoins qu'on ne nomme pas. Un sentiment qu'on ne sait pas comment exprimer. Une attente qu'on suppose partagée — mais qui ne l'est pas.
Et avec le temps, ce silence-là laisse des traces.

Ce dont on ne parle pas finit par peser
On aimerait croire que dans une relation qui fonctionne bien, les besoins se devinent. Que si l'autre tient à nous, il ou elle va comprendre. Que nommer ce qu'on ressent, c'est risquer de faire trop de place à soi.
Sauf que ça ne fonctionne pas vraiment comme ça.
Quand les attentes ne sont pas exprimées — le besoin d'être entendu, de se sentir en sécurité dans la relation, de compter pour l'autre, d'avoir de l'espace — elles ne disparaissent pas. Elles se manifestent autrement : dans une irritabilité qu'on ne comprend pas tout à fait, dans un retrait progressif, dans des disputes qui reviennent toujours sur le même fond sans jamais vraiment se résoudre.
Ce n'est pas un manque de bonne volonté. C'est souvent simplement qu'on n'a jamais eu l'occasion — ni les outils — pour apprendre à interagir autrement. Et quand la vie s'accélère — un changement d'emploi, des responsabilités qui s'accumulent, un réseau de soutien qui s'effrite — l'espace pour ces échanges disparaît souvent en premier.
Quand ça se complique
Ces tensions non exprimées, quand elles durent, peuvent mener à des endroits difficiles.
Parfois c'est le conflit répété — les mêmes disputes, les mêmes reproches — parce que ce qui est au fond n'est jamais vraiment dit. On reproche à l'autre son égoïsme quand ce qu'on vit, au fond, c'est de la solitude.
Parfois c'est le retrait — une distance qui s'installe doucement, sans qu'on l'ait vraiment décidée. Une des deux personnes se désengage progressivement, faute de trouver sa place dans la relation ou faute de ressources pour traverser ce qu'elle vit.
Et parfois, c'est l'infidélité. Le manque d'intimité et les conflits non résolus sont des facteurs documentés dans les situations d'infidélité. Elle survient rarement sans contexte. Dans les situations que je rencontre, elle s'inscrit souvent dans un déséquilibre qui s'est installé progressivement — des rôles qui ont changé, des attentes jamais discutées, un isolement qui s'est creusé.
Pour le partenaire trahi, les conséquences sur le fonctionnement social sont réelles et documentées : capacité à remplir ses rôles au travail et dans la famille affectée, réseau de soutien fragilisé, sentiment d'impuissance face à la situation. C'est précisément là que l'intervention d'un·e travailleur·se social·e trouve son sens.
Ces situations touchent autant les relations naissantes que celles qui durent depuis des années. Et elles ne nécessitent pas une crise majeure pour justifier qu'on s'en occupe.

Ce qu'un·e travailleur·se social·e peut faire concrètement
Je tiens à être claire sur ce que je fais — et ce que je ne fais pas — parce que ça compte.
En tant que travailleuse sociale membre de l'OTSTCFQ, mon rôle est d'évaluer votre fonctionnement social et d'intervenir sur les conditions de vie et les facteurs environnementaux qui l'affectent. Je n'effectue pas de psychothérapie et je ne pose pas de diagnostic de trouble mental.
Ce que je peux faire concrètement avec vous :
Évaluer votre situation globalement. Quels sont vos rôles actuels dans vos relations ? Quelles sont vos ressources — personnelles, sociales, environnementales ? Où se situent les surcharges et les manques ? Cette évaluation du fonctionnement social est le point de départ de tout accompagnement sérieux.
Travailler sur la clarification de vos rôles et de vos attentes dans la relation. Qu'est-ce que vous assumez ? Qu'est-ce que vous attendez ? Qu'est-ce qui n'est jamais discuté mais toujours supposé ? J'utilise entre autres des outils de communication comme la CNV pour vous aider à clarifier ces interactions — toujours dans une perspective de fonctionnement social.
Tenir compte de votre réalité de vie. Une relation ne se passe pas dans le vide. Le stress du travail, l'isolement, les responsabilités qui s'accumulent — tout ça a un impact réel sur la façon dont on interagit avec ceux qu'on aime. Mon évaluation tient compte de cette interaction entre la personne et son environnement.
Vous accompagner dans la durée. Une situation relationnelle difficile ne se règle pas en une rencontre. Un suivi régulier permet d'ajuster, de faire le point, et de ne pas traverser seul·e une période qui demande du soutien continu.
Et si vous êtes seul·e à vouloir consulter — parce que l'autre n'est pas prêt, ou parce que vous voulez d'abord y voir plus clair pour vous — c'est tout à fait possible. Beaucoup de personnes consultent individuellement pour des enjeux qui se vivent dans leur relation.
Vous vous demandez si un·e travailleur·se social·e, un psychologue ou un coach est la bonne ressource pour vous ? Consultez mon guide comparatif TS vs Psychologue vs Coach basé sur les lois et les ordres professionnels reconnus au Québec.
Ce que je ne peux pas faire — et à qui je vous réfèrerai
Si votre situation révèle des symptômes persistants qui nécessitent une évaluation psychologique approfondie ou un traitement de trouble mental, je vous orienterai vers un psychologue ou votre médecin. Les deux types d'accompagnement peuvent d'ailleurs se compléter.
Mon rôle inclut aussi de vous dire si je ne suis pas la ressource la plus appropriée pour vous — et de vous aider à trouver celle qui l'est.

Un mot avant de terminer
Si vous vous êtes reconnu·e dans quelque chose ici — pas forcément dans les situations les plus extrêmes, mais dans ce sentiment que quelque chose accroche sans que vous sachiez trop comment le nommer — sachez que vous n'avez pas à attendre que ça craque pour consulter.
Vous pouvez me contacter pour un premier échange téléphonique gratuit d'environ 15 minutes. On discute brièvement de votre situation et de vos besoins, et je vous dis si je peux vous accompagner — et comment.
Sylvie Bertrand-Giroux, T.S.
Travailleuse sociale | Membre de l'OTSTCFQ depuis 2012
St-Bruno-de-Montarville et Longueuil | Téléconsultation disponible
450-350-0332
Sources et ressources
Sur la détresse relationnelle et l'infidélité
Société canadienne de psychologie — La détresse relationnelle
Psychologue.net — L'infidélité peut-elle causer des troubles du stress post-traumatique ?
Cadre professionnel et légal
Ressources pratiques — pour aller plus loin
CNVQuébec.org — introduction à la communication non violente et à l'expression des besoins
Spiralis — ressources gratuites — outils concrets sur les besoins, l'affirmation de soi et la communication en couple
Psylio — outils de CNV — fiches pratiques téléchargeables
Note déontologique : Cet article a pour objectif d'informer et de sensibiliser. Il ne constitue pas une évaluation professionnelle ni une recommandation personnalisée. Si vous vivez une détresse importante, consultez un professionnel de la santé ou composez le 811 (Info-Social). Des pensées suicidaires ou une crise aiguë → 1 866 APPELLE (24/7), 911 ou hôpital.



