Résolutions du Nouvel An : Pourquoi elles échouent et comment s'en sortir sans culpabilité
- Sylvie Bertrand-Giroux T.S.

- 24 janv.
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 7 jours
Publié par Sylvie Bertrand-Giroux, T.S. | Travailleuse sociale à St-Bruno et à Longueuil

Nous sommes fin janvier. Vos résolutions du Nouvel An ? Peut-être déjà abandonnées. La salle de gym que vous deviez fréquenter 4 fois par semaine ? Vous n'y êtes pas allé depuis 2 semaines. Le projet entrepreneurial que vous vouliez lancer ? Toujours dans votre tête. Et maintenant, vous vous sentez coupable, incompétent·e, et démotivé·e.
Vous n'êtes pas seul·e. Et surtout, vous n'avez pas échoué.
Les chiffres qui parlent
En 2020-2021, plus de la moitié (55 %) des jeunes québécois de 15 à 29 ans vivaient un niveau élevé de détresse psychologique, comparativement à 35 % chez les 30 ans et plus¹.
Le stress professionnel touche particulièrement les moins de 40 ans : ils sont 80 % plus susceptibles de se sentir constamment stressés que leurs collègues de plus de 50 ans².
Le principal facteur de stress ? Les finances personnelles, passées de 35 % en 2022 à 43 % en 2024².
Et janvier amplifie cette pression. C'est le mois où le décalage entre nos attentes et la réalité devient insoutenable.

Pourquoi nos résolutions échouent - ce que la recherche nous dit
Ce n'est PAS un manque de volonté.
Des objectifs trop vagues et irréalistes : « Être en meilleure forme » ne donne aucune direction claire. Passer de 0 à 5 entraînements par semaine ignore votre capacité actuelle et votre contexte de vie réel.
Des standards amplifiés par les réseaux sociaux : Vous voyez des transformations spectaculaires en janvier, ce qui crée des attentes déconnectées de la réalité. Ce que vous ne voyez pas : les échecs, les rechutes, la vraie vie derrière les publications.
Un contexte qui ne soutient pas le changement : Les recherches sur le comportement humain montrent que le changement durable ne repose pas uniquement sur la motivation individuelle — il dépend aussi largement de l'environnement, des ressources disponibles et du contexte social. Quand ce contexte n'est pas favorable, même la meilleure volonté ne suffit pas.
La pression particulière sur les entrepreneurs : Si vous êtes entrepreneur, la pression de janvier est décuplée : nouveaux objectifs d'affaires, résolutions personnelles, culture du « Nouvel An, nouveau moi ». Les travailleurs de moins de 40 ans sont 80 % plus susceptibles de vivre un stress constant². Depuis octobre 2025, les risques psychosociaux au travail sont d'ailleurs reconnus officiellement comme un enjeu de santé au travail au même titre que les risques physiques⁴.
Ce qu'en dit le travail social
En tant que travailleuse sociale, je n'aborde pas les résolutions ratées comme un problème de volonté. Je les aborde comme un enjeu de fonctionnement social.
Ce qui caractérise souvent les personnes qui consultent en janvier, c'est :
Une surcharge de rôles (travailleur·euse, parent, conjoint·e, entrepreneur·e) qui laisse peu de place au changement
Un écart entre les objectifs visés et les ressources réellement disponibles (temps, énergie, soutien)
Un contexte de vie (finances, relations, conditions de travail) qui n'a pas été pris en compte dans la résolution
Un isolement face aux difficultés, faute de soutien dans l'entourage
Ce n'est pas une faiblesse. C'est une conséquence prévisible d'objectifs fixés sans tenir compte de la réalité sociale et environnementale dans laquelle on vit.

Comment une travailleuse sociale peut vous accompagner
Je tiens à être claire sur ce que je fais — et ce que je ne fais pas — parce que ça compte.
En tant que travailleuse sociale membre de l'OTSTCFQ, mon rôle est d'évaluer votre fonctionnement social et d'intervenir sur les conditions de vie et les facteurs environnementaux qui affectent votre bien-être.
Je n'effectue pas de psychothérapie et je ne pose pas de diagnostic de trouble mental.
Ce que je peux faire concrètement avec vous :
Évaluer votre situation globalement. Quels sont vos rôles actuels ? Quelles sont vos ressources — personnelles, familiales, communautaires ? Où se situent les surcharges ? Où sont les manques ? Cette évaluation du fonctionnement social est le point de départ de tout accompagnement sérieux.
Identifier ce qui bloque vraiment. Pas votre « manque de volonté » — mais les facteurs concrets de votre environnement qui rendent le changement difficile : horaires, obligations familiales, conditions financières, isolement, charge mentale.
Travailler sur vos rôles et vos priorités. Comment ajuster vos attentes à votre réalité ? Comment répartir la charge différemment ? Comment créer des conditions concrètes qui soutiennent le changement que vous visez ? Ce sont des questions sociales et pratiques, et elles méritent un espace pour être travaillées.
Vous accompagner dans l'accès aux ressources. Que ce soit des services communautaires, du soutien professionnel, ou simplement un plan d'action adapté à votre contexte réel.
Vous soutenir dans la durée. Le changement est un processus, pas un événement ponctuel lié au 1er janvier. Un accompagnement régulier permet de faire le point, d'ajuster, et de ne pas rester seul·e face à des obstacles qui évoluent.
Ce que je peux faire - et à qui je vous réfèrerai
Si votre situation révèle des symptômes persistants d'anxiété, de dépression ou d'un autre trouble mental qui nécessitent une évaluation psychologique approfondie ou un traitement, je vous orienterai vers un psychologue ou votre médecin. Les deux types d'accompagnement peuvent d'ailleurs se compléter très bien.
Mon rôle inclut aussi de vous dire si je ne suis pas la ressource la plus appropriée pour vous — et de vous aider à trouver celle qui l'est.
Un mot avant de terminer
Si vous vous êtes reconnu·e dans cet article — même partiellement — sachez que ce que vous vivez est réel, que ce n'est pas une question de volonté, et que vous n'avez pas à attendre d'être à bout pour chercher du soutien.
On peut commencer n'importe quand. Le 15 février. Un jeudi de mars. Quand vous vous sentirez prêt·e. Le changement n'appartient pas au 1er janvier.
Vous pouvez me contacter pour un premier échange téléphonique gratuit d'environ 15 minutes. On discute brièvement de votre situation, de vos besoins, et je vous dis si je peux vous aider — et comment.
Sylvie Bertrand-Giroux, T.S.
Travailleuse sociale | Membre de l'OTSTCFQ depuis 2012
St-Bruno-de-Montarville et Longueuil | Téléconsultation disponible
450-350-0332
En tant que travailleuse sociale, mon rôle est d'intervenir sur votre fonctionnement social — je n'offre pas de psychothérapie.
Références :
Institut de la statistique du Québec (ISQ). (2021). Niveau élevé sur l'échelle de détresse psychologique. https://statistique.quebec.ca/vitrine/15-29-ans
Carrefour RH. (2025). Portrait de l'état de santé psychologique. https://carrefourrh.org/ressources/dossiers-speciaux/semaine-sante-mentale/2025
INSPQ. (2024). Interventions de promotion de la santé mentale. https://www.inspq.qc.ca/sante-mentale/veille/printemps-2024
INSPQ. (2025). Risques psychosociaux du travail. https://www.inspq.qc.ca/risques-psychosociaux-du-travail
Note déontologique : Cet article a pour objectif d'informer et de sensibiliser. Il ne constitue pas une évaluation professionnelle ni une recommandation personnalisée. Si vous vivez une détresse importante, consultez un professionnel de la santé ou composez le 811 (Info-Social). Des pensées suicidaires ou une crise aiguë → 1 866 APPELLE (24/7), 911 ou hôpital.



